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Présenté par la Fondation Massimadi

En collaboration avec Nigra Iuventa et

la Maison de la culture de Côte-des-Neiges

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Comissaire: Dorothy Mombrun

Les artistes et leurs oeuvres

Tolu Ayoka (iel) est un.e artiste visuel·le et illustrateur.trice Anglo-nigérian·e basé·e à Vancouver. Son œuvre rend hommage à son enfant intérieur à travers des explorations oniriques des identités noires et ouest-africaines dans des espaces alternatifs. Inspiré·e par des muses réelles et imaginaires, iel entraîne son public dans des royaumes surnaturels empreints de surréalisme, d'afrocentrisme et de culture queer noire.

TUZA - Photo by Qauffee.jpg

Tuza Dulcinée (elle) est une artiste visuelle, directrice créative et archiviste née à Kigali, Rwanda, et basée à Tiohtià:ke (Montréal). Son travail se situe à la croisée de la photographie, du mythe et de la théorie de la libération, réinventant l'intériorité noire comme un espace d'appartenance et de possibilités. Ancré dans la philosophie Ubuntu, chaque projet est une offrande à une mémoire visuelle plus vaste.

Nyabingi et les Nyabinghi(s) - (triptych + Installation Textile) (2026)

 

Nyabingi était la fille de Gihanda, une divinité de la région des Grands Lacs en Afrique de l'Est. Là où son père était exigeant, on l'approchait, elle, pour l'abondance, l'amour, le réconfort et les issues favorables; une intercesseuse entre le divin et les besoins immédiats des vivants. Son esprit était perçu comme un être qui se déplaçait entre les abagirwa, des récipiendaires choisis qui parlaient en son nom.

Nyabingi et les Nyabinghi retracent la continuité de Nyabingi à travers trois moments distincts de l'histoire: son contexte d'origine en Afrique de l'Est; les femmes royales dont les morts injustes sont devenues des sites de son amplification et de son retour; et la tradition Nyabinghi en Jamaïque, où son nom a été intégré à la pratique spirituelle et cérémoniale rastafarienne, devenant battement de tambour, rituel et invocation.

La série photographique interroge ce que signifie pour un esprit de rester intelligible à travers les siècles et les continents; comment elle est reconnue, comment elle est invoquée, et ce qui lui est demandé.

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Nyabingi was the daughter of Gihanda, a deity of the Great Lakes region of East Africa. Where her father was exacting, she was approached for abundance, love, comfort, and favourable outcomes; an intercessor between the divine and the immediate needs of the living. Her spirit was understood as one that moved between abagirwa, chosen vessels who spoke on her behalf.

Nyabingi and the Nyabinghi(s) traces the continuity of Nyabingi across three distinct moments in history: her original East African context; the royal women whose wrongful deaths became sites of her amplification and return; and the Nyabinghi tradition of Jamaica, where her name was carried into Rastafarian spiritual and ceremonial practice, becoming drumbeat, ritual, and invocation. The series asks what it means for a spirit to remain legible across centuries and continents; how she is recognized, how she is called, and what she is being asked for.

Odera Igbokwe - Courtesy of artist.jpg

Odera Igbokwe (iel) est un.e artiste peintre, illustrateur·trice et performeur.se nigérian·e basé·e à Vancouver. Son œuvre explore le récit à travers la spiritualité afro-diasporique, la résilience noire et les transformations corporelles. Entrelaçant récits ancestraux et visions afrofuturistes, iel crée des passerelles vers la guérison des traumatismes collectifs et intergénérationnels.

Cassi Camille - Photo Courtesy of Artist.jpg

Cassi Camille (elle) est une artiste interdisciplinaire, sculptrice et céramiste basée à Montréal. Elle travaille principalement l'argile, le textile, le bois et le métal. Ancré dans son héritage haïtien et québécois, son art explore l'ascendance, la résilience et la circularité de la vie—interrogeant comment l'histoire se manifeste dans nos corps à travers la danse et le mouvement.

Kadine Lindsay - Courtesy of artist.jpg

Kadine Lindsay (iel) est un.e illustrateur.trice basé.e à Kingston, en Jamaïque, diplômé.e de l'OCAD University. Son travail fait dialoguer l'esthétique des années 1990-2000 avec les textures culturelles de son enfance jamaïcaine. À travers des représentations surréalistes de la vie noire caribéenne, iel explore les intersections du genre, de la sexualité et de l'identité jamaïcaine—déjouant les héritages coloniaux tout en documentant les subcultures alternatives, notamment au sein du dancehall.

Commissaire

Dorothy Mombrun - Photo by Joys Sekpon.jpg

Dorothy Mombrun (iel/elle) est un.e artiste, commissaire et organisatreur·trice. culturel·le basé.e à Montréal, dont le travail valorise les communautés marginalisées par la narration visuelle et des projets collaboratifs. Depuis 2016, sa pratique, photographique, commissariat et éducation artistique, célèbre les femmes noires et leurs identités diverses. Iel a organisé les expositions et événements culturels Aynalem: l’Œil du Monde (2022), Be Yourself (2023–2024), Soulful Embrace: ode to love (2024) et Lakou en Ekzil (2025), et anime depuis 2019 des ateliers avec Hoodstock Montréal, la Ville de Montréal, entre autres. Éditeur·trice photo, directeur.trice artistique et co-animateur·trice de balado, Mombrun est formé.e en journalisme et en études curatoriales à l’Université Concordia. Son engagement allie art, communauté et militantisme pour des avenirs inclusifs et des récits décentrés.

Le/The Sanctum

Entre. Tu es le·la  bienvenu·e ici.

 

Ce sanctuaire est à toi. À moi. À nous. C'est un lieu construit à partir de la mémoire collective. 

 

Pour l'ado alternative qui s'est retrouvé.e dans une chanson de Paramore quand rien d'autre n'avait de sens. 

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Pour l'adolescent.e maladroit.e qui cachait des journaux intimes sous son lit

Pour le·la lecteur.=·trice curieux·se qui soulignait chacun de ses passages favoris dans ses livres préférés. 

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Pour le·la DJ amateur·e qui passait des heures à créer des playlists pour ses amis. 

Pour l’ado qui naviguait tard sur Tumblr pour trouver d'autres filles "bizarres" à travers le monde.  

 

Ce projet est dédié à toutes les jeunes personnes s’identifiant comme femmes ayant construit un sanctuaire dans le seul espace qu’iels pouvaient contrôler: leur chambre.

 

Bienvenue dans le Sanctum. Fais comme chez toi.

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Le Sanctum est une exposition collective qui fonctionne comme une archive vivante. Elle invite les visiteurs à pénétrer dans un refuge façonné collectivement. Le Sanctum est un sanctuaire intime, inclusif et profondément personnel, construit par des femmes noires et pour des femmes noires, et ouvert à toutes et tous ceux qui cherchent à comprendre.

 

L'exposition explore ce que ressent une personne noire qui s'identifie comme femme face au début de l'âge adulte, à la découverte de son identité et aux transformations relationnelles. À l'intersection de l’identité femme, noire et queer, le cheminement vers soi prend ses propres formes, textures, sons et réflexions. À travers des œuvres présentées aux côtés d'un jardin d'influences culturelles et ancestrales, l'exposition rend hommage à cette spécificité tout en invitant à une reconnaissance plus large.

 

Au cœur de sa démarche, Le Sanctum déclare que façonner avec soin notre espace personnel et notre paysage médiatique — ce que nous regardons, lisons et écoutons — est essentiel pour préserver notre santé mentale, découvrir qui nous sommes et façonner le monde qui nous entoure.En plaçant au premier plan l’individualité, les cultures alternatives et l’introspection, l’exposition remet en question et rectifie les clichés habituellement véhiculés à l’égard de la jeunesse noire. Elle crée un espace essentiel de reconnaissance, de validation et d'appartenance pour les personnes noires qui s'identifient comme femmes, et pour quiconque a déjà construit son propre sanctuaire.

 

*L’appellation femme tire son origine de la communauté Queer (LGBTQIA2S+) anglophone. Elle désigne toute personne, peu importe son identité de genre, qui embrasse une esthétique, des attitudes ou une présentation féminines, tout en défiant les codes de genre et de sexualité traditionnels

Le coin média

Je suis passionné.e de musique depuis l’âge de quatre ans.
En feuilletant la collection de mes parents, j’ai toujours eu envie d’avoir la mienne. À quatorze ans, j’ai découvert, dans une friperie, un rayon proposant des CD à 2$ et des vinyles à 3$.

C’est l’une des premières fois où j’ai ressenti un véritable sentiment d’autonomie. De contrôle. J’y ai passé une heure à fouiller. Je suis rentré.e chez moi avec l’album éponyme du groupe Blaque. J’ignorais alors que j’entamais un magnifique voyage sonore, destiné à durer toute une vie.La plupart de ces disques ont été dénichés au fil des heures passées dans des friperies poussiéreuses ou dans des librairies d’occasion soigneusement sélectionnées, comme la Librairie L’Échange. Rares sont ceux que j’ai achetés au prix original, car je n’en avais pas les moyens. J’ai commencé ma collection avant même de posséder un lecteur CD. C’était comme un investissement personnel; une promesse qu’un jour, dans mon propre chez-moi, je pourrais enfin écouter la bande-son que j’avais patiemment constituée.

Aujourd’hui, à bientôt 26 ans, j’ai le plaisir d’inviter des amis à dîner et de leur faire découvrir ma collection avec une immense fierté. Le·la jeune Domo savait ce qu’iel faisait, car je continue de vibrer régulièrement au son de ces chansons.
 

— Dorothy Mombrun

Remerciements

​Aux artistes Tolu Ayoka, Odera Igbokwe, Tuza D., Kadine Lindsay et Cassi Camille, pour nous avoir confié vos œuvres et vos histoires.

 

À la Fondation Massimadi, pour avoir cru en ce projet et en avoir assuré le financement, la production et la promotion.

 

À Diane Gistal, fondatrice et directrice générale de Nigra Iuventa, pour son soutien indéfectible, son mentorat et ses conseils tout au long de ce projet et au-delà.

 

À toute l’équipe de la Maison de la culture Côte-des-Neiges — Robert Dufour, Colin Earp-Lavergne, Jorge Daniel Sarrin Sarrin, Samuel Alie et Mélanie Terrière — pour avoir accueilli ce projet et pris en charge toute la logistique technique de l’exposition.

 

À mes complices et coéquipiers, Anthony Ioannou, Devon Reid et Noelle Michetti, pour avoir donné vie à la première version de ce projet dans le cadre de notre programme d’études en commissariat d’exposition.

 

À mes camarades du classes ARTH 678, pour vos perspectives enrichissantes sur la forme finale du projet.

 

Professeurs Didier Morelli et  Dominique Fontaine, ainsi qu’à Joshua Jensen (technicien du FOFA et du laboratoire de commissariat), pour votre encadrement durant mes études.

 

À mes amis — Mc Joë Poteau, Christian Romeo Kamgue, Rebecca Tenna, Joys Sekpon et Chloé Nyiligira — pour leur aide lors des journées de collecte et de montage

 

À Espace Dézòd, pour nous avoir accueillis lors des journées de collecte de dons.

 

À la Librairie L’Échange, pour la station musicale.

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